Du théâtre aux mathématiques (lectures de juillet)

Publié le 26 Juillet 2015

Du théâtre aux mathématiques (lectures de juillet)

On se retrouve aujourd'hui pour vous parler de mes lectures de juillet.

J'avais déjà réalisé un article sur mes lectures ICI (bon, ce n'était qu'à propos d'un seul livre mais c'est déjà ça ^^) ! D'ailleurs, si vous voulez retrouver à l'avenir mes lectures, c'est par ici.

Comme vous l'avez vu dans le titre, j'ai vu large pour les thèmes de mes lectures du mois. Voici donc 3 livres, que j'ai    a d o r é   !

On commence avec Le Quatrième mur de Sorj Chalandon.

Un homme malade demande à son meilleur amir de réaliser son rêve : Mettre en scène Antigone de Anouilh (je vous en parlerai juste après), dans un pays en guerre, pour essayer d'instaurer un peu de paix. Cependant, la guerre est plus forte que ne le croit le personnage principal...

J'ai trouvé le début du roman un peu lent mais ce livre a pris tout son sens vers la fin lorsque le héros est confronté directement à la guerre. On voit souvent la guerre à la télévision mais dans ce livre les séquelles psychologiques sont véritablement montrées à travers le point de vue du héros. J'ai terminé ce livre comms si la guerre m'avait donné une claque. j'ai pu vraiment prendre conscience de la brutalité non pas seulement physique (les blessures physiques ne sont pas vraiment mises en avant) mais surtout psychologique de la guerre, ainsi que des séquelles à long terme. L'auteur utilise des mots crus, justes et efficaces, les phrases sont courtes mais veulent dire tellement. Il y a une véritable réflexion philosophique derrière ce roman. 

Ce n'est pas un livre heureux et qui finit bien, c'est un livre qui est comme un avertissement, pour nous faire prendre conscience de notre impuissance face à la guerre, qui gagne presque toujours sur nous. On ne peut pas en ressortir et reprendre notre vie normale. Une fois qu'on a vécu la guerre, notre vie n'est plus la même.

Malgré que ce livre soit vraiment très dur, j'ai beaucoup aimé le fait qu'il tourne autour d'Antigone de Anouilh, une pièce de théatre que j'aprécie beaucoup. En effet, l'auteur utilise la mise en abyme avec la mise en scène de la pièce dans le roman. De plus, il insert au début et à la fin de son roman le prologue et l'épilogue d'Antigone. Cela peut paraitre simple, mais j'ai trouvé ça génial !

Le titre du roman fait référence au quatrième mur au théatre, un mur imaginaire qui sépare les acteurs des spectateurs, une sorte de barrière invisible. En lisant ce livre, ce quatrième mur n'existait pas, le lecteur n'est pas mis à l'écart face à la réalité de la guerre.

Voici quelques extraits et citations du livre, qui m'ont particulièrement marqués :

J'ai hurlé ma peur.

La mort l'a pris comme ça.

Je suis tombé. Je me suis relevé. Je suis entré dans le garage, titubant entre les gravats. Les flammes, la fumée, la poussière, je recrachais le plâtre qui me brûlait la gorge. J'ai fermé les yeux, les mains sur les oreilles. J'ai heurté un muret, glissé sur des câbles. La moitié du plafond avait été arrachée par l'explosion. Le ciment en feu frappait tout autour avec un bruit de claques. Derrière une carcasse de voiture, un trou. Une crevasse de guerre, un bitume ouvert en pétales jusqu'à son coeur de sable. Je me suis jeté dans les éclats comme on trébuche, corps chiffon, le ventre en décombres. Je tremblais. Jamais je n'avais tremblé comme ça. Ma jambe droite voulait s'enfuir, me quitter, une sauterelle apeurée dans les herbes d'été. Je l'ai plaquée à deux mains sur le sol. Elle saignait, ma jambe folle. Je n'avais rien senti. Je croyais que la blessure et le blessé ne faisaient qu'un. Qu'au moment de l'impact, la douleur hurlait son message. Mais c'est le sang qui m'a annoncé la mauvaise nouvelle. Ni le choc ni le mal, seulement mon jus poisseux. Mon pantalon était déchiré. Il fumait. Ma jambe élançait comme une rage de dent. Ma chemise était collée de sueur. J'avais pris mon sac, mais laissé ma veste dans la voiture de Marwan, mes papiers, mon argent, tout ce qui me restait. Je ne pensais pas qu'un char d'assaut pouvait ouvrir le feu sur un taxi.

J'ai eu peur de mourir sans jamais pleurer.

○ ○ ○

J'ai également lu la pièce de théatre Antigone de Anouilh, qui relate l'histoire d'une femme qui se bat pour enterrer dignement ses deux frères. Cette histoire tragique reste une de mes favorites. Et la pièce de Anouilh est assez récente, cela donne une certaine modernité à l'histoire.En plus cette lecture se reliait parfaitement au roman de Chalandon !

Je vous mets des extraits du prologue et de la fin de Antigone, juste pour le plaisir car je trouve ces passages tellement beaux !!


 

Voilà. Ces personnages vont vous jouer l'histoire d'Antigone. Antigone, c'est la petite maigre qui est assise là-bas, et qui ne dit rien. Elle regarde droit devant elle. Elle pense. Elle pense qu'elle va être Antigone tout-à-l'heure, qu'elle va surgir soudain de la maigre jeune fille noiraude et renfermée que personne ne prenait au sérieux dans la famille et se dresser seule en face du monde, seule en face de Créon, son oncle, qui est le roi. Elle pense qu'elle va mourir, qu'elle est jeune et qu'elle aussi, elle aurait bien aime vivre. Mais il n'y a rien à faire. Elle s'appelle Antigone et il va falloir qu'elle joue son rôle jusqu'au bout... Et, depuis que ce rideau s'est levé, elle sent qu'elle s'éloigne à une vitesse vertigineuse de sa sœur Ismène, qui bavarde et rit avec un jeune homme, de nous tous, qui sommes là bien tranquilles à la regarder, de nous qui n'avons pas à mourir ce soir. [...]

Et voilà. Sans la petite Antigone, c'est vrai, ils auraient tous été bien tranquilles. Mais maintenant, c'est fini. Ils sont tout de même tranquilles. Tous ceux qui avaient à mourir sont morts. Ceux qui croyaient une chose, et puis ceux qui croyaient le contraire -même ceux qui ne croyaient rien et qui se sont trouvés pris dans l'histoire sans y rien comprendre. Morts pareils, tous, bien raides, bien inutiles, bien pourris. Et ceux qui vivent encore vont commencer tout doucement à les oublier et à confondre leurs noms. C'est fini. Antigone est calmée, maintenant, nous ne saurons jamais de quelle fièvre. Son devoir lui est remis. Un grand apaisement triste tombe sur Thèbes et sur le palais vide où Créon va commencer à attendre la mort.

Vous pouvez retrouver le texte intégral ICI.
SI vous ne voulez pas lire la pièce ou si vous voulez compléter votre lecture, je vous conseille la mise en scène de Briançon (vidéo ci-dessous) qui est vraiment très fidèle à la pièce, avec cependant davantage de modernité dans les dialogues et les costumes (notamment les gardes en costard et lunettes de soleil à la James Bond ^^).

○ ○ ○

Pour finir je ne pouvais pas m'empecher de vous parler d'un de mes nouveaux auteurs préférés, j'ai nommé : Daniel Tammet ! C'est un autiste Asperger qui a de très grandes capacités de mémoire, pour apprendre une langue ou encore les décimales de Pi. C'est également un génie des mathématiques. Cet homme est décidemment polyvalent car il écrit TRES BIEN ! Il est anglais mais traduit lui-même parfois ses livres car il parle également français.

J'avais déjà lu Je suis né un jour bleu (son autobiographie) : un livre que je vous conseille fortement (j'en reparlerai peut-être dans un prochain article lecture car sinon cet article ne se finira jamais ^^).

Dans ce livre, l'auteur relie notamment les mathématiques à la vie courante, tout en s'appuyant sur des expériences de sa vie. Il fait des mathématiques une véritable poésie, quelque chose de beau. Je vous avoue qu'il est tout de même préférable d'aimer l'univers scientifique avant de se plonger dans ses livres car c'est vraiment le thème principal.

Quelques citations du livre :

Il n'y a rien dont la moitié n'est rien.

Pour apprendre infiniment de choses il suffirait de connaitre parfaitement un seul livre.

Le monde a besoin d'artistes. Chacun d'eux transforme sa portion de la nuit en mots et en images, en notes et en nombres. Un mathématicien dans son bureau aperçoit une chose restée jusque-là invisible. Il est sur le point de transformer l'obscurité en lumière.

Cet article était un peu (beaucoup) plus long que ceux de d'habitude mais j'avais vraiment envie de vous parler de ces lectures (certes pas forcément joyeuses). Je referai d'autres articles de ce genre dans les mois à venir.

J'espère en tout cas vous avoir donné envie de lire ces livres !

Je vous retrouve dimanche prochain,

Du théâtre aux mathématiques (lectures de juillet)

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♥ PLAYLIST ♥

Rédigé par Elise

Publié dans #Miss Lecture

Commenter cet article

Elise 31/07/2015 23:11

J'ai vu ça haha !!

Elise 31/07/2015 23:08

Merci Chloé pour les idées ! Je suis sûre que je vais aussi adorer cette pièce ! :D :*

Chloé 31/07/2015 23:10

Mais de rien ;) J'étais partie pour écrire 1 ligne et puis j'ai écris un roman ahaha :*

Chloé 31/07/2015 23:01

Je n'ai jamais lu Antigone de Jean Anouilh mais si tu as aimé lis Eurydice. Je l'ai lu en cours cette année, ça parle du mythe d'Orphée mais dans les années 1940. C'est une très belle pièce de théâtre j'ai adoooooré, c'est romantique, mais pas culcul, tout à sa place et si tu lis Eurydice après tu regarderas "Vous n'avez encore rien vu" d'Alain Resnais (film qui parle du livre de Jean Anouilh, je n'en dirais pas plus aha) ♥